Vélo à hydrogène sur les pentes du Col de la Loze!..

Brides-les-Bains et vélo : une commune innovante !

Un court séjour dans la ville de Brides-les-Bains permet de découvrir en quoi cette commune tente de développer la pratique du vélo de manière remarquable. Il suffit de passer, durant la saison estivale, sur la place de cette petite ville thermale de Savoie pour s’apercevoir que la cité balnéaire, connue du grand public pour son accès au cœur des Trois Vallées l’hiver pour le ski ou par le film « Mince Alors » qui a permis à Dominique BESNEHARD de concrétiser un projet de cœur, pour s’en apercevoir.

On y remarque en effet un totem qui montre le kilomètre zéro de la montée vers ce fameux Col de la Loze, nouveau venu et déjà incontournable pièce maîtresse du Tour de France. Ce projet n’apparaît pas évident de premier abord, car faire une piste cyclable, une route réservée aux vélos durant l’été sur les pistes des plus grandes stations de ski de Savoie, et sans doute des plus prestigieuses, ne coule pas de source. Le projet a soulevé quelques à priori défavorables chez certains, avant qu’il ne soit achevé puis admiré par des cyclistes qui arrivent du monde entier pour découvrir ce phénomène. Car on peut parler de phénomène tant par la longueur de la route, par sa beauté que par les pourcentages records qu’elle propose une fois le rond-point des pistes de Méribel passé. Et si ce tracé, à peine né, a déjà été proposé deux fois aux cyclistes professionnels du Tour de France, une fois pour le Tour de l’Avenir et de nombreuses fois dans des épreuves cyclosportives, proposer le kilomètre zéro au cœur de la ville de Brides-les-Bains a été le résultat du travail acharné de son maire Bruno PIDEIL et de son équipe municipale. Imaginez, que pèse Brides-les Bains à côté de Courchevel ou de Méribel dans l’opinion publique ? Et bien côté vélo la cité thermale a du répondant.

D’autant plus que, juste à côté de ce totem qui voit durant tout l’été des cyclistes se concentrer pour affronter le défi proposé, on voit un stand et des vélos à assistance à disposition, avec des sorties en groupe encadrées par un moniteur agréé. L’originalité et la force de la proposition sont que ces vélos ne sont pas de simples VAE, mais des vélos qui utilisent l’hydrogène comme « carburant ». Cette flotte de vélos est assez intrigante pour que Vincent HURSTEL, toujours attentif avec son œil Green Cycling, se renseigne sur les tenants et les aboutissants de cette activité. Il faut dire qu’il habite au Bourget-du-Lac où est situé l’INES, l’Institut National de l’Energie Solaire où se trouvait jusqu’à présent, et depuis une certain nombre d’années, la plus grande flotte de « vélos à hydrogène » de France. Avec le concours de Bruno PIDEIL et du moniteur Jean-Pierre VASTEL il a pu mieux comprendre tout l’intérêt du projet. Plus que des mots, des actes très concrets en matière de développement d’une pratique du vélo « écoresponsable ». D’abord côté matériel puisque ces vélos sont fabriqués en France, la technologie et les piles à combustibles viennent du sud-ouest, de la région de Biarritz. Pour faire le plein d’hydrogène, dont la combustion produira de l’énergie d’un côté, ce qui permettra d’aider au pédalage, et de l’eau et des oxydes d’azote de l’autre côté, de l’oxygène en somme, il « suffit » d’aller à la borne installée à quelques pas de la place de Brides-les-Bains et en trois minutes, le plein est fait. De plus cette borne est installée juste à côté d’une historique centrale électrique EDF qui utilise la puissance de la rivière Doron pour produire de l’énergie. Et l’eau qui pourra être transformée en hydrogène est aussi à portée. Un cycle qui parait vertueux et évident. Bien sûr un investissement important a été nécessaire pour développer cette activité, mais à côté de la commune qui a apporté tout le soutien technique à cette installation, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui se veut innovante en la matière, a participé financièrement à l’installation de la station de recharge en hydrogène.

Alors bien sûr, certains vont trouver que ces « vélos à hydrogène » ont un coût élevé. Certes mais, à y regarder de plus près, quelle est l’alternative ? Proposer des vélos meilleur marché directement importé de Chine ? Rechargé les batteries avec une électricité de plus en plus couteuse et qui viendra d’où ? Et à terme, quid de cette belle idée de penser « aux générations futures » ? Au moins cette initiative a l’intérêt de proposer une réalisation qui ouvre des possibilités et espérons-le des pistes de réflexion. En particulier quand il s’agira de proposer des flottes de vélos en prêt ou en location.

Et le développement du vélo ne s’arrête pas là à Brides-les-Bains. De nombreux cyclistes, y compris des équipes professionnelles commencent à y venir en stage, les thermes et le spa sont aussi des atouts qui intéressent les sportifs de haut-niveau. Un gros de travail est aussi entrepris pour proposer des itinéraires où la circulation automobile est plus calme, pour flécher des circuits à la portée de toutes les jambes. On trouve même dans certains hôtels tout le matériel qui ravira le passionné de vélo, de la station de lavage au pied d’atelier, du petit matériel de réparation et de gonflage à la prise pour recharger sa batterie dans un local vélo adapté et sécurisé. Le bémol : ce type d’hôtel n’a pas encore la possibilité d’être labellisé « Accueil Vélo » pour les habituelles raisons de lenteur administrative. Il faudrait sans doute que nos administrations soient un peu plus réactives en la matière.

En tout cas, cette commune et son maire sont dans l’action et les résultats sont déjà très concrets en matière de reconnaissance du vélo et des intérêts qui sont les siens en matière de santé, de tourisme et de convivialité.

Car Brides-les-Bains, où résident environ 500 habitants hors touristes, nous semblent aussi être une terre de convivialité.

CPT.com

10/2023

Texte/photos: V.H

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